L’ARME…MENT !

L’arme… ment !… Mais pourquoi ?  Tout simplement parce que c’est une énorme industrie militaire, qui emploie en France plus de 200 000 personnes et qui rapporte des milliards. L’état français oscille d’année en année, entre la troisième et la quatrième place mondiale, en tant qu’exportateur d’armes derrière les Etats-Unis, la Russie et la Chine, d’après le SIPRI (L’institut International de recherche pour la paix de Stockholm). Entre 2012 et 2016, le SIPRI a compilé les exports, dont voici le détails arrondi par pays principaux : Etats-Unis pour 33%, Russie pour 23%, Chine pour 6%, France pour 6%, Allemagne pour 6%, Royaume-Unis pour 5%, Espagne pour 3%, Italie pour 3%, Ukraine pour 2%, Israël pour 2%…

                                                                                                                                               Pour la petite histoire, il est bon de se rappeler qu’en France la dénomination du ministère qui s’occupait des armées à fort évolué dans le temps : de 1791 à 1930, on l’appelait le Ministère de la Guerre, puis de 1947 à 1974, c’est devenu le Ministère de la Défense Nationale…

Patrouille de France au dessus du tarmac de Carpentras, Vaucluse. (photo E.G.)

 

… ensuite de 1974 à 2017, ce fut le Ministère de la Défense et depuis 2017, on l’a nommé le Ministère des Armées…  On peut sans doute mieux détecter en filigrane, les profondes intentions gouvernementales qui les motivent pour changer ainsi de libellé !

 

Mais d’abord, voici une petite liste des entreprises d’armement françaises ou en partie, par ordre alphabétique, qui vendent en France, mais surtout exportent principalement, pour 54% au Proche et Moyen-Orient, pour 24% en Asie, 10% en Europe et 7% dans les Amériques (d’après le rapport au Parlement, en 2016)  : 

AIRBUS, avionneur pour 13 milliards de chiffre d’affaire en 2016, l’état français ayant 11% du capital  /  DASSAULT, avionneur pour 4,2  milliards  de chiffre d’affaire en 2015, la famille reste majoritaire au capital  DCNS, pour 3,2 milliards de chiffre d’affaire en 2016, l’état français actionnaire pour 62%  /  MBDA, missilier 3,2 milliards de chiffre d’affaire en 2018, créé en 2001 avec MATRA BAe Dynamics, Aérospatiale MATRA Missiles et Alenia Marconi Systems  NEXTER, armement terrestre pour 1,5 milliards en 2014, l’état actionnaire à 100% jusqu’à sa privatisation courant 2015, où l’état l’a cédé pour 50% à l’allemand KND (Krauss Maffei Wegman), qui devient KNDS un groupe européen, dont le siège est à Amsterdam, sous la holding Honostor aux Pays-Bas, réputés pour leur régime fiscal simple sur les sociétés étrangères, ne faisant pas, entre autre, de retenues à la source sur les intérêts ni les redevances  RENAULT TRUCKS DEFENSE (RTD), plus de 500 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2015, appartient pourtant à VOLVO depuis 2001, qui a aussi acheté les français PANHARD (en 2012) et ACMAT (en 2006). Maintenant RTD se nomme ARQUUS depuis le 23 mai 2018  /  SAFRAN, équipements militaires et civils, 15,8 milliards de chiffre d’affaire en 2015, état  français actionnaire avec 13,16% en 2017, mais à 45% par les investisseurs étasuniens dont Black Rock pour 6,1%  /  THALES, équipements électroniques pour 15 milliards de chiffre d’affaire en 2016 (pour moitié en militaire), l’état français est à 26,4% de son capital.

Pour la France, rappelons que c’est notre premier ministre qui décide in fine des exportations de matériel de guerre, sur avis de la commission interministérielle composée des ministères des Affaires Etrangères, de la Défense et de l’Economie (CIEEMG). Quant au budget du Ministère des Armées, en 2017 il était de 32,7 milliards d’euros, la Défense étant alors le cinquième poste de dépenses de la France, celui de l’Ecologie ne disposant alors que de 9 petits milliards…. Il y a même quatre salons de l’armement : Le Bourget, pour l’aviation civile et militaire  /  Milipol, pour la sécurité intérieure  /  Euronaval, pour la défense maritime   /  Eurosatory, pour l’armement terrestre… Bon, on ne peut pas dire que ce secteur économique si militaire, craigne le chômage, avec tous ces grands groupes et plus de 4 000 PME recensées sur notre territoire en 2016… Seulement, au vu et entendu, du nombre de corruptions, de falsifications en tous genres, de non-dits et autres contournements « légaux », comme livrer des matériels pas tout fait militaires d’un côté et livrer par un autre côté d’autres équipements qu’il suffira de rassembler ensuite, voir ce qui s’est passé en 2010 pour contourner l’embargo européen sur la Chine… Faut-il en remettre une couche avec l’actualité de nos jours, au sujet de nos chars Leclerc qui, vendus aux Emirats Arabes Unis, pilonnent les civils du Yémen ?… Ne faut-il pas chercher à mieux évaluer les raisons pour lesquelles les pays riches laissent des zones géographiques terrestres sombrer dans la plus extrême pauvreté, les maladies, la famine et les guerres ?… Pour quelles raisons n’aident-ils pas réellement, par exemple, les régions sahélo-sahariennes, ni même le Pakistan ou l’Inde et tant d’autres ?… Pourtant c’est bien la misère qui pousse toutes ces zones abandonnées à sombrer sous les rackets, les drogues, les guérillas, jusqu’au terrorisme !

En tant que citoyen responsable, il nous faut raison garder, ouvrir des débats éclairés sur le commerce et l’exportation des armes. La défense du pays est bien évidemment nécessaire, mais pas les tueries à répétition provoquées par la vente de notre matériel militaire dans les autres pays. De nombreux rééquilibrages économiques sont à mettre en place pour sortir de cet engrenage mortifère. A chacun de nous de prendre la parole !